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J’ai eu une mastectomie. Je me demande si la reconstruction est pour moi.

– Dr Sébastien Nguyen, chirurgien plasticien spécialisé dans la reconstruction mammaire et la chirurgie esthétique des seins de l'Hôpital du Saint-Sacrement vous répond.

Il existe trois techniques de reconstruction mammaire :

  1. Reconstruction mammaire par prothèse ou méthode allogénique. Cette technique consiste à implanter une prothèse temporaire (expanseur tissulaire) derrière le muscle grand pectoral de la femme. Cette dernière permet d’étirer la peau de la patiente. Lorsque la peau est suffisamment étirée, cette prothèse d’expansion peut alors être retirée, puis remplacée par une prothèse permanente en matière de silicone ou à base de solution saline. La plupart du temps, cette reconstruction se fait donc en deux étapes distinctes. Parfois, il est possible d'insérer l’implant permanent lors d’une seule chirurgie. Quant au mamelon et à l’aréole, ils sont reconstruits ultérieurement, et ce, sous anesthésie locale. Dans sa pratique, le Dr Nguyen utilise des implants en silicone dans 99,9 % des cas. Selon lui, l’implant en silicone est moins palpable au toucher et moins visible qu’un implant à base saline. Il donne ainsi une apparence plus naturelle du sein reconstruit.
  2. Reconstruction par lambeau grâce aux tissus du corps de la patiente ou méthode autogénique. Cette technique consiste à utiliser des tissus du corps de la femme, le plus souvent de son ventre, de son dos, et parfois de ses fesses ou de ses cuisses afin de les transférer à la poitrine pour former un sein. Cette chirurgie est plus complexe, plus longue et nécessite une convalescence plus importante que la chirurgie par prothèse. Aussi, elle laisse des cicatrices plus visibles. Par contre, elle offre généralement une apparence plus naturelle au sein reconstruit et a l’avantage de s'adapter aux changements de poids de la patiente.
  3. Combinaison des deux techniques. Il s’agit de l’utilisation des tissus de la patiente, combinée à l’implantation d’une prothèse.

Faire un choix

Une femme peut très bien ne pas envisager la reconstruction mammaire, mais plutôt opter pour une prothèse externe qui s’insère dans le soutien-gorge. Cependant, si elle choisit d’aller de l’avant avec une chirurgie, il est important de bien s’informer et de discuter des différentes options possibles suite à une mastectomie afin de faire un choix éclairé.

En Amérique, la technique de reconstruction mammaire la plus utilisée par les chirurgiens plastiques est la reconstruction par prothèse : la chirurgie à proprement parler est plus facile à réaliser et il s’agit d’une chirurgie moins difficile pour les patientes (moins morbide) puisqu’elle est moins douloureuse, qu’elle engendre moins de cicatrices et qu'elle nécessite une convalescence moins longue. 

Pour évaluer les options, voici ce que vous et votre médecin devrez prendre en considération :

  • l’âge. Chez une jeune femme en santé, une reconstruction par lambeau est davantage recommandée. Alors que le corps de la femme se modifie au cours de sa vie, le sein reconstruit à l’aide de ses propres tissus s’adaptera également;
  • les maladies. Chez une femme présentant des problèmes de santé tels que du diabète, de l’hypertension ou des problèmes respiratoires, une reconstruction par implant est généralement suggérée; la chirurgie étant de plus courte durée et nécessitant une convalescence moins longue;
  • l’examen physique. Pour utiliser des tissus permettant de recréer un sein, la femme doit avoir du tissu accessible (des bourrelets). L’option de la reconstruction par lambeau s’élimine parfois d’elle-même lorsque, par exemple, une personne ne possède aucun surplus de poids;
  • le temps disponible pour la convalescence. Bien que le temps de convalescence diffère d’une patiente à l’autre, il est généralement plus court suite à la chirurgie par prothèse;
  • les attentes de la patiente. Des attentes irréalistes peuvent contre-indiquer une recommandation de reconstruction mammaire;
  • le statut physiologique.

À noter : il peut y avoir une contre-indication de la reconstruction par prothèse pour certaines femmes dont les traitements de radiothérapie auraient causé une certaine dureté au niveau de la peau du sein malade, résultant en un manque d’élasticité, rendant la reconstruction risquée, voire même impossible par cette technique.

Chez certaines femmes, la reconstruction mammaire n’est pas recommandée, notamment si : 

  • la maladie est très avancée et le pronostic de vie est sombre. Des techniques simples peuvent, dans certains cas, être offertes à de jeunes patientes pour diminuer le traumatisme psychologique relié à la perte d’un sein;
  • la patiente a des antécédents médicaux importants, tels que des problèmes cardiaques;
  • la femme est fumeuse. Des complications importantes peuvent survenir, notamment au niveau de la guérison et des infections suite à l’opération;
  • la femme est très obèse, puisque sa condition physique ne lui permettrait pas de subir une chirurgie aussi longue et complexe.

Les inconvénients associés à la reconstruction mammaire

Une chirurgie n’est jamais sans risque. Certaines complications sont susceptibles de survenir, comme pour tout type de chirurgie, telles qu’un risque d’infection, de saignements ou encore un retard de guérison.

Risques reliés directement aux prothèses mammaires :

  • être réopérée ultérieurement : les implants ont une durée de vie moyenne de 15 à 20 ans, suite à laquelle il pourrait être nécessaire de les remplacer en raison d’un problème quelconque;
  • réaction d’inflammation pouvant causer de la calcification (contracture capsulaire), ce qui engendrerait une dureté au niveau du sein.  

Risques reliés directement aux lambeaux :

  • des complications majeures telles qu’une perte de lambeaux (nécrose), une thrombophlébite ou encore une embolie pulmonaire (très rarement).

Pour en savoir plus sur la reconstruction mammaire