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J’ai le cancer du sein. Dois-je modifier mon alimentation?

– Catherine Noulard, diététiste-nutritionniste au Centre hospitalier de l’Université de Montréal Hôtel-Dieu, nous donne plus d'informations à ce sujet.

Bien s’alimenter de façon équilibrée et variée est la recommandation numéro 1 de Catherine Noulard pour toute personne, peu importe son niveau de santé. Un régime alimentaire sain, c’est prendre trois repas équilibrés par jour qui comprennent au moins une portion de trois des quatre groupes alimentaires, soient les fruits et légumes, les produits céréaliers, les produits laitiers et enfin, les viandes et les substituts. Chez une femme atteinte du cancer du sein, une bonne alimentation devient particulièrement importante afin de combler les besoins en vitamines, en minéraux et autres éléments nutritifs et de permettre de mieux supporter les traitements.

Chimiothérapie et chirurgie

Durant une chimiothérapie ou encore en prévision d’une chirurgie, il est recommandé de veiller à un apport suffisant en calories et en protéines. Manger des viandes, des légumineuses, des produits laitiers, des noix et des œufs, par exemple, contribuera à accélérer la cicatrisation suite à une chirurgie et aidera à éviter les infections. De plus, durant les traitements en général, les protéines constituent une excellente source d’énergie pour rebâtir ses forces et aider le système immunitaire. Des boissons nutritives telles que du lait, des jus de fruits ou encore des suppléments nutritionnels de type Ensure peuvent également pallier ce besoin en énergie. Pensez également à bien vous hydrater.

Si votre appétit a diminué, vous pouvez opter pour plusieurs petits repas durant la journée au lieu de trois gros repas, et n’hésitez pas à enrichir vos plats en choisissant des aliments riches en protéines et en calories. Cela vous aidera à trouver les nutriments nécessaires. S’il y a une perte de poids durant les traitements, il est important de consulter une nutritionniste. Une nutritionniste spécialisée en oncologie est accessible dans certains centres hospitaliers. Demandez à votre infirmière pivot comment entrer en contact avec celle-ci afin d'obtenir les meilleurs conseils.

Quels sont les aliments dont je devrais m’abstenir?

Sans interdiction stricte, il existe des recommandations :

Puisque la chimiothérapie peut affaiblir votre système immunitaire, il est possible de devenir plus sensible à des bactéries généralement bien tolérées et aux intoxications alimentaires. Ainsi, les femmes en traitement de chimiothérapie devraient éviter autant que possible les aliments contenant de grandes quantités de bactéries, tels que le Bio-K+ et les yogourts probiotiques ainsi que les aliments non pasteurisés (p. ex., fromages au lait cru) ou pas assez cuits (p. ex., tartare, sushi, etc.).

Durant l’ensemble des traitements (chimiothérapie, radiothérapie, hormonothérapie, etc.), la prise de vitamines ou de produits naturels est également déconseillée, car ils pourraient interférer avec la médication prescrite. Il est préférable de combler les besoins nutritionnels en prenant les nutriments à même les aliments plutôt que dans une vitamine isolée à grande dose.

Et les phytoestrogènes?

Le sujet des phytoestrogènes en est un d’actualité lorsqu’il est question du cancer du sein. Il s'agit de molécules d'origine végétale qui agissent dans l'organisme de façon similaire aux hormones féminines œstrogènes du corps. On retrouve parmi les phytoestrogènes les isoflavones, comme le soya et ses dérivés (p. ex., fèves, boisson de soya, tofu, tempeh, graines de soya rôties) et les lignanes (p. ex., graines de lin). Un des mécanismes à la base du cancer du sein de type hormonodépendant est que les œstrogènes du corps humain stimulent la division cellulaire et donc la progression du cancer. Il est toutefois pertinent de savoir que l’affinité des phytoestrogènes avec les récepteurs des œstrogènes est de 100 à 1 000 fois moins forte que celles des hormones naturelles ou de synthèse. 

Des études sur les effets de la consommation de phytoestrogènes ont ainsi été entreprises chez les enfants, les adolescents, les femmes atteintes du cancer du sein et les femmes à risque élevé d'en développer un. Chez les femmes atteintes d’un cancer du sein hormonodépendant (deux femmes sur trois), les effets des phytoestrogènes ne sont pas clairement identifiés. Certaines études indiquent que les phytoestrogènes présents dans l’alimentation (surtout les isoflavones) pourraient favoriser la multiplication des cellules cancéreuses alors que d'autres études n'ont démontré aucune interaction nuisible. Toutefois, les résultats de ces études ne font pas consensus. Selon Madame Noulard, l’état des connaissances suggère qu’une consommation modérée de soya et de ses dérivés ne constitue pas un risque pour ces femmes. Cependant, il faudrait s'abstenir de consommer des suppléments d'isoflavones ou de phytoestrogènes.

Pour savoir ce qui s’applique le mieux à votre situation ou pour obtenir plus d’informations, nous vous recommandons d’en discuter avec votre médecin ou avec une nutritionniste clinicienne.

Consommation d’alcool

Concernant la consommation d’alcool, il est suggéré de la limiter à une ou deux consommations par semaine, et même de l’éviter. En effet, l’alcool augmenterait le taux d’œstrogène dans le sang alors que, durant un cancer du sein, il est souhaitable que ce taux soit réduit.

Propositions de recettes pendant et après un cancer du sein : 

Pour celles qui aimeraient s’inspirer de certaines recettes conçues pour la période des traitements ou après les traitements, Madame Noulard propose les deux ouvrages suivants :

  • Les meilleures recettes pendant une chimiothérapie ou une radiothérapie, de Jose Van Mil et Christine Archer-Mackenzie.
  • Bien manger pendant et après un cancer, de Geneviève Nadeau.