La vie après un cancer du sein

Après être passé à travers les difficiles étapes du diagnostic et du traitement, vous arrivez enfin à l’étape tant attendue ; la fin des traitements ! Tout n’est pas encore terminé ; il reste la phase de récupération. Il est important de savoir que cette étape, riche en émotions, comporte aussi des difficultés. Vous pouvez vous y préparer en vous informant sur ce qui pourrait vous attendre et en allant chercher du soutien si vous en ressentez le besoin. 

Donnez-vous le temps de vous remettre de cette épreuve, physiquement et psychologiquement.

Une chose importante à savoir est qu’une période de récupération sera essentielle après un traitement contre le cancer. Le corps a été éprouvé et il a besoin de temps pour se remettre. Votre état émotif a aussi été bouleversé pendant le traitement. Prenez du temps pour vous remettre et sachez que la convalescence peut s’échelonner sur un an. 

Soyez patiente avec vous-même et prenez soin de vous !

Turbulences émotionnelles

Psychologiquement, vous vivrez sûrement beaucoup d’émotions. Vous pouvez être contente et soulagée d’avoir terminé les traitements, tout en étant très anxieuse, effrayée et perdue face à la suite des choses. L’après-traitement comporte une phase de transition et d’adaptation. Acceptez de ne pas vous sentir bien émotionnellement et sachez que c’est normal. Soyez patiente : prenez le temps de comprendre ce à travers quoi vous êtes passé et de laisser la poussière retomber. 

Il est normal de se sentir désorienté après un traitement contre le cancer. Voici quelques exemples de sentiments qui pourraient survenir :

  • Inquiétude et peur de la réapparition du cancer.
  • Sentir de la solitude et de l’isolement puisque vous ne voyez plus votre équipe de soin.
  • Éprouver de la colère pour différentes raisons et situations liées à la maladie et au traitement.
  • Devoir faire le deuil de ce que vous avez perdu. Vous pourriez être déstabilisé par l’état de votre corps et par votre état de santé général. 

La présence des proches et des amis est très bénéfique pour vous soutenir pendant cette période de convalescence. Le soutien psychologique est essentiel. 

Dans les sections suivantes, vous trouverez de l’information sur différents sujets à prendre à considération pendant la phase qui suit le traitement.

Un traitement contre le cancer peut affecter vos capacités physiques, cognitives, émotionnelles et psychologiques. Soyez bien à l’aise de demander du soutien pour être capable de reprendre progressivement vos activités. Plusieurs professionnels peuvent vous aider à vous rétablir : nutritionniste, ergothérapeute, physiothérapeute, chiropraticien, ludothérapeute, infirmière en réadaptation, travailleur social, psychologue, intervenant en soins spirituels, conseiller en réadaptation professionnelle, etc. 

Soyez patiente ! La réadaptation peut prendre un certain temps. 

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La chimiothérapie et l’hormonothérapie peuvent affecter vos capacités cognitives (pensées, raisonnement, perception, jugement, apprentissage, attention et mémoire). Le type de traitement et la dose reçue peuvent influencer à quel point ils ont un effet sur la concentration et les capacités intellectuelles. De plus, il faut savoir que chaque personne réagit différemment aux traitements. Les troubles cognitifs peuvent aussi être causés par des facteurs secondaires au cancer tels que la fatigue, les troubles du sommeil, le stress, l’âge, le manque de minéraux, etc. 

Voici quelques conseils pour aider votre rétablissement cognitif :

  • L’activité physique est un bon moyen de garder un esprit vif. 
  • Le repos aidera à diminuer votre stress, tout comme le yoga et la méditation. 
  • Stimulez votre cerveau avec de la lecture, des mots croisés, des casse-têtes, jouez d’un instrument de musique, dessinez ou essayez de nouveaux passe-temps.
  • Discutez avec votre famille de vos émotions face aux troubles cognitifs. Ils vous soutiendront et pourraient vous aider à trouver des solutions.
  • Demandez du soutien à votre employeur pour vous aider à accomplir les tâches rendues plus difficiles. 
  • Discutez-en avec votre équipe de soin. Un membre de votre famille pourrait vous accompagner pour prendre en note les astuces et conseils que vous recevrez. 

Les symptômes peuvent être très légers et disparaissent souvent par eux-mêmes quelques jours ou quelques mois après le traitement. Si vous ou un membre de votre famille observez des différences dans vos capacités cognitives qui durent dans le temps, n’hésitez pas à en faire part à votre médecin. Il évaluera vos fonctions cognitives, en déterminera la cause, vous suggérera des solutions ou vous dirigera vers un spécialiste qui vous aidera à retrouver vos capacités.  

Voici quelques options qui pourraient vous être proposées par votre médecin : 

  • Une rééducation cognitive est possible pour vous aider à réapprendre à penser, à raisonner et à mémoriser des choses. Elle vous aidera à retrouver votre confiance en vous et à améliorer votre qualité de vie.  
  • La prise de médicaments pourrait vous aider à améliorer votre capacité cognitive. 
  • Un suivi en ergothérapie peut contribuer à la reprise de vos activités quotidiennes. 
  • La rééducation professionnelle améliore vos compétences sur le marché du travail.
  • De l’aide et du soutien psychosocial pourraient vous aider, vous et votre famille.

Une alimentation saine et équilibrée est recommandée pour vous aider à vous rétablir de vos traitements. Votre corps a besoin de reprendre des forces. De plus, les études ont montré qu’une bonne alimentation aide à diminuer le risque de récidive et protège des maladies cardiovasculaires et du diabète.  

Pour vous sentir mieux et recommencer vos activités quotidiennes, optez pour une alimentation riche en fruits et en légumes et faible en gras. Une alimentation saine devrait comprendre 3 repas équilibrés par jour, contenant au moins une portion de trois des quatre groupes alimentaires, soient les fruits et légumes, les produits céréaliers, les produits laitiers et les viandes et les substituts.  Cette alimentation permettra de combler vos besoins nutritifs et de mieux récupérer. 

Voici quelques conseils nutritionnels pour un bon rétablissement :

  • Un apport suffisant en protéines est important pour accélérer la cicatrisation après une chirurgie, rebâtir ses forces et revigorer le système immunitaire pour éviter les infections.  On retrouve les protéines dans les viandes, les légumineuses, les produits laitiers, les noix et les œufs. 
  • Des boissons nutritives telles que du lait, des jus de fruits ou encore des suppléments nutritionnels de type Ensure peuvent être pris pour augmenter vos réserves énergétiques. 
  • Hydratez-vous bien. 
  • Si votre appétit a diminué, optez pour plusieurs petits repas par jour, contenant des aliments nutritifs et protéinés.
À propos des suppléments alimentaires

Les fruits et les légumes contiennent tous les vitamines et antioxydants dont le corps a besoin pour bien fonctionner. Il est donc conseillé d’en consommer abondamment. De cette façon, vous n’aurez pas à prendre de suppléments alimentaires. Si vous souhaitez prendre des suppléments et de vitamines, parlez-en avec votre équipe de soin. Vous pourriez faire des tests sanguins pour savoir quels suppléments seraient bénéfiques pour vous. Si vous voulez entreprendre une diète non traditionnelle, vous devriez aussi en parler avec votre équipe de soin pour vous assurer qu’elle soit sécuritaire. 

Qu’en est-il du soya ?

La consommation de soya est remise en question par beaucoup de femmes en ce qui a trait à la possibilité qu’elle favorise la croissance des cellules cancéreuses. S’il est vrai que le soja contient des phytoestrogènes, des molécules végétales ressemblant aux œstrogènes, elles sont 100 à 1000 fois moins efficaces à lier le récepteur aux œstrogènes que les hormones naturelles. 

Des études contradictoires ont été publiées par rapport à l’effet protecteur ou nuisible du soja. Les nutritionnistes estiment qu’une consommation modérée de soja et de ses dérivés est sans risque pour la femme. Les suppléments de phytoestrogènes ne sont toutefois pas recommandés. Beaucoup d’études sont en cours pour s’assurer de l’innocuité de ces suppléments et pour savoir s’ils ont un rôle bénéfique. 

https://meetinglibrary.asco.org/record/80307/edbook#fulltext

Retrouver son poids santé

La chimiothérapie peut causer une perte de poids, alors que l’hormonothérapie et la diminution du niveau d’activité physique pendant les traitements peuvent mener à un gain de poids. L’inverse peut également se produire dans certains cas. Après votre traitement, il est recommandé de retrouver un poids santé pour favoriser un rétablissement plus rapide, une meilleure qualité de vie et un risque plus faible de récidive.  

N’hésitez pas à en discuter avec votre équipe de soin ; elle pourra vous diriger vers des spécialistes qui vous soutiendront dans votre remise en forme. Un nutritionniste pourra vous proposer un menu équilibré qui vous aidera à retrouver un poids santé.

Après un épisode de soins pour un cancer du sein, vivre avec une peur que le cancer récidive est la réalité de beaucoup de personnes. Cette peur est tout à fait normale et compréhensible. Elle devrait diminuer avec le temps. 

Certains évènements pourraient réveiller cette crainte, comme les visites de suivi, l’apparition de douleurs, les dates « anniversaires » comme celle du diagnostic ou de la chirurgie ou en apprenant qu’un proche à un cancer, etc.  

Pour vous aider à faire face à cette crainte, vous pouvez :

  • En discuter avec votre médecin. Il vous renseignera sur les risques de récidive et vous parlera des symptômes à surveiller. Des visites de suivi plus régulières pourraient vous rassurer. 
  • Parlez de vos inquiétudes à vos proches, dans des groupes de soutien ou à un psychologue. Verbaliser votre peur vous aidera à l’affronter. Un journal intime est une bonne façon d’extérioriser les craintes. 
  • Utilisez des techniques de relaxation comme le yoga, la méditation, les massages, le qi gong, la musicothérapie et l’art-thérapie pour vous aider à vous détendre. 
  • Prenez en charge les symptômes qui vous incommodent. Parlez à votre médecin des moyens d’améliorer votre sommeil, de diminuer les douleurs associées à la chirurgie ou au lymphœdème.
  • Prenez soin de vous. Améliorer ses habitudes alimentaires, faire régulièrement de l’activité physique et dormir suffisamment peuvent contribuer à augmenter votre niveau d’énergie. Il est souhaitable de diminuer la consommation d’alcool puisque c’est un dépresseur qui pourrait contribuer à nourrir vos inquiétudes.  

  Si cette peur perdure qu’elle affecte votre fonctionnement quotidien, parlez-en à votre médecin ; la plupart des hôpitaux ont un département d’oncologie psychosocial ou un service de soutien. Des professionnels pourront vous aider à obtenir le soutien dont vous avez besoin.  

  • Un psychologue pourrait vous aider à gérer votre anxiété. 
  • Votre médecin pourrait vous prescrire des antidépresseurs. 

Bien que le premier rôle du sein soit l’allaitement des nouveau-nés et des nourrissons, il peut être significatif pour certaines femmes sur le plan de l’esthétique, de la séduction et de la sexualité. Les traitements du cancer du sein et ses effets secondaires peuvent altérer votre corps et l’image que vous vous faites de lui. Vous pourriez vous sentir étrangère face à vous-même, que ce soit à cause de l’ablation d’un sein de la chute de cheveux à la suite de la chimiothérapie, du gain ou la perte de poids, de la diminution du niveau d’énergie ou de la libido, etc.. 

Tous ces changements pourraient être difficiles à apprivoiser et vous pourriez vivre un vaste éventail d’émotions sources d’anxiété et de détresse psychologique. 

Voici quelques suggestions pour vous aider à mieux vivre avec votre nouveau corps : 

  • Parler de ce que vous éprouvez aide à supporter ses émotions.
  • Votre conjoint, votre famille, vos amis peuvent être d’un grand soutien ; n’hésitez pas à vous confier à eux.

Il existe des groupes de soutien de femmes vivant des préoccupations similaires aux vôtres. Joindre ces groupes pour discuter de vos expériences pourrait vous aider à vous sentir moins seule.

N’hésitez pas à demander du soutien à un psychologue. 

  • Faites appel à un coiffeur ou d’une esthéticienne pour vous conseiller et trouver un look qui vous plaira.
  • La reconstruction mammaire est un choix personnel. Une femme peut très bien ne pas envisager la reconstruction mammaire, mais plutôt opter pour une prothèse externe qui s’insère dans le soutien-gorge, ou rien du tout. Renseignez-vous sur les options disponibles pour vous aider à vous sentir bien dans votre corps. 
  • Votre médecin et votre équipe soignante pourront vous accompagner dans vos démarches. 
  • Laissez-vous du temps pour vivre vos émotions et accepter votre nouvelle image. 

Retourner au travail est motivant pour certaines puisqu’il signifie un retour à la normale. Pour d’autres, c’est une étape angoissante. Vous êtes la mieux placée pour savoir si vous êtes prête à retourner au travail. 

Planifiez soigneusement votre retour au travail pour qu’il se fasse aisément et sans tracas. Impliquez votre équipe de soin et votre employeur pour vous soutenir et faciliter vos démarches. 

Discutez de votre retour au travail avec votre équipe de soin :

  • Elle vous aidera à évaluer vos capacités et pourra vous conseiller à propos du bon moment pour retourner au travail. 
  • Elle pourra vous guider vers des ressources adéquates pour améliorer vos capacités (par exemple des programmes de réadaptation, un travailleur social, un programme d’exercice, etc.). 
  • Votre médecin pourrait aussi vous guider sur les heures de travail et les tâches que vous serez apte à accomplir lors d’un retour au travail. 
  • Votre médecin pourrait devoir remplir des formulaires pour votre retour au travail (pour votre employeur et votre compagnie d’assurance). 

Discutez avec votre employeur de votre retour au travail. Il pourrait faciliter votre retour au travail avec des mesures d’adaptation. Il est possible que votre niveau d’énergie soit plus bas ou que vous ayez des contraintes physiques. Discutez de la possibilité d’un retour progressif ou de travaux légers adaptés à votre condition. Certaines entreprises ont un programme pour les employés et peuvent vous offrir du soutien.  

Voici quelques conseils pour faciliter votre retour au travail :

  • Essayez de garder de bonnes relations avec votre milieu de travail pendant votre traitement, si vous vous en sentez capable. Garder contact avec vos collègues pourrait faciliter votre retour au travail. 
  • Évaluez vos capacités à retourner au travail ; considérez votre niveau d’énergie, votre capacité à réfléchir et votre état émotionnel. Votre équipe de soin peut vous aider dans cette évaluation. 
  • Identifiez les éventuels obstacles que vous pourriez rencontrer pendant votre retour au travail. Envisagez des solutions possibles et discutez-en avec votre équipe de soin et votre équipe de travail.
  • Repérez les personnes qui pourraient vous offrir du soutien au travail pour accomplir vos tâches le mieux possible, efficacement et de façon sécuritaire. Vous n’avez pas à attendre d’être rétablie à 100 % pour retourner au travail. Il se peut qu’un certain temps soit nécessaire avant que vous retrouviez toutes vos capacités. 
  • Établissez un plan de travail officiel et soumettez-le à votre supérieur. Incluez vos préoccupations concernant votre retour au travail. 

 

Il arrive que certaines survivantes fassent face à de la discrimination lors de leur retour au travail (mise à pied, rétrogradation, refus d’allouer des prestations de maladies et des congés pour des rendez-vous médicaux, ennuis avec des collègues). Sachez que cette discrimination est illégale et que vous avez des droits pour vous protéger.

Références :

https://www.cancerandwork.ca/fr/survivants/reprendre-le-travail-ou-rester-au-travail/

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