Les seins sont une partie du corps importante pour beaucoup de femmes. La perte d’un sein ou la déformation après une chirurgie mammaire est souvent difficile à accepter. 

Plusieurs options s’offrent à vous pour apprécier votre image corporelle à nouveau et avoir une meilleure perception de vous-même.  

Les prothèses mammaires externes ou la reconstruction mammaire sont des choix envisageables, dépendamment de vos besoins, vos désirs et votre mode de vie. 

Vous avez aussi l’option de ne pas faire de reconstruction mammaire. Le but est que vous soyez confortable et à l’aise dans votre décision. Tous les choix s’offrent à vous. Considérez les options et choisissez celle qui vous convient le mieux ! 

Le droit d’avoir une poitrine plate ou asymétrique

Après la mastectomie, certaines femmes ne souhaitent pas faire de reconstruction mammaire traditionnelle ni porter de prothèse mammaire externe. Elles préfèrent avoir une poitrine plate ou asymétrique. C’est de cette manière qu’elles souhaitent redéfinir leur corps après un cancer du sein et leur choix est tout aussi légitime.

Si vous envisagez d’avoir la poitrine ou le sein plat après la chirurgie, mentionnez-le à votre chirurgien et assurez-vous que votre demande fasse partie de votre requête opératoire. Plusieurs termes équivalents sont employés pour désigner une fermeture plate de la paroi thoracique :  la mastectomie à fini plat, la reconstruction plate esthétique oul’aspect esthétique plat. Ces opérations consistent à reconstruire la paroi thoracique de manière esthétique en retirant les excédents de peau, de graisse et de tissus mammaires suite à la mastectomie totale. Les tissus restants sont ensuite resserrés et lissés afin que la paroi thoracique apparaisse plate.

Références

Office québécois de la langue française. (2020). Mastectomie à fini plat. http://gdt.oqlf.gouv.qc.ca/ficheOqlf.aspx?Id_Fiche=26558216

National Cancer Institute. (s.d.). Aesthetic flat closure. https://www.cancer.gov/publications/dictionaries/cancer-terms/def/aesthetic-flat-closure

Prothèse mammaire externe

Il existe deux types de prothèses mammaires externes :

Les prothèses externes transitoires en textile non adhérentes : elles s’insèrent dans un soutien-gorge adapté. Elles sont confortables et peuvent être utilisées tout de suite après l’opération. 

Les prothèses externes en silicone : leur poids et leur apparence sont semblables aux seins naturels et donnent une forme naturelle à la silhouette. Elles peuvent être adhérentes sur la poitrine ou insérées dans un soutien-gorge. 

Conseils pour le choix de votre prothèse externe : 

  • Vous devriez vous faire accompagner par un proche qui connaît votre silhouette et vous donnera son avis. 
  • Comparer différents modèles et différents prix. 
  • Prenez votre temps pour évaluer vos options. 

La reconstruction mammaire

La reconstruction mammaire est considérée comme bénéfique au point de vue de l’estime et du bien-être des femmes. Peu de femmes québécoises choisissent cette option, soit entre 7 % à 15 %. Les spécialistes considèrent que la reconstruction mammaire est une option souhaitable pour les femmes. 

La Journée de sensibilisation à la reconstruction mammaire (Breast reconstruction awareness day) a été instaurée par un Torontois, Mitchell Brown, et est maintenant célébrée chaque année dans plusieurs villes. Elle vise à informer les patientes sur la reconstruction mammaire et ses bienfaits et à améliorer l’accessibilité à cette chirurgie. 

Certaines femmes ne ressentent pas le besoin de reconstruire leur sein. Les principales motivations pour une reconstruction mammaire sont :

  • Combler la perte d’un sein
  • Éviter d’avoir à porter une prothèse externe
  • Envie de se sentir plus désirable et à l’aise dans son corps 
  • Oublier le cancer
  • Pouvoir varier sa garde-robe (moins de limitations de soutien-gorge)

Vous devriez parler des avantages, des désavantages et de vos craintes à propos de la reconstruction mammaire avec votre équipe de soin. 

La reconstruction mammaire est une chirurgie qui permet de rendre au sein une apparence naturelle à la suite d’une mastectomie. 

Le moment où est faite la reconstruction mammaire dépend des traitements que vous avez reçus et du moment où vous vous sentez prête à avoir cette chirurgie. Elle peut être faite en même temps que la mastectomie, si elle ne nuit pas au traitement ou plus tard, habituellement 3 ou 4 semaines après la chimiothérapie et 4 à 6 semaines après la radiothérapie pour que le sein ait le temps de guérir. Elle peut aussi être faite des mois ou des années plus tard si vous le désirez. 

Il faut toutefois savoir qu’un sein reconstruit ne sera pas exactement identique à un sein naturel. Les sensations ressenties pourraient être différentes et la chirurgie pourrait laisser des cicatrices. Le temps atténuera ces différences. 

La reconstruction mammaire à la suite d’un cancer du sein est couverte par la Régie de l’assurance maladie du Québec (RAMQ)

Les types de reconstruction mammaire

Les implants mammaires peuvent être un sac rond ou en forme de larme, fait de silicone caoutchouté et d’eau salée stérile ou de gel de silicone. L’implant est inséré dans un espace situé sous les muscles du thorax. Deux techniques peuvent être utilisées pour former cette poche : l’extension tissulaire ou la reconstruction par prothèse directe.

Extension tissulaire

Si la peau et le tissu thoracique sont trop tendus ou trop plats, le chirurgien peut faire une extension tissulaire. Cette procédure consiste à insérer un sac vide sous les muscles thoraciques et le remplir graduellement de solution saline. L’ajout d’eau se fait dans le bureau du médecin, une ou deux fois par semaine pendant jusqu’à 3 mois. Lorsque la poche est assez ample, une deuxième chirurgie est faite pour retirer la prothèse d’expansion et la remplacer par l’implant permanent. 

Reconstruction par prothèse directe

La poche accueillant l’implant peut être faite de tissu cutané spécial qui provient de don humain appelé greffon dermique acellulaire (AlloDerm, DermMatrix) duquel les cellules ont été retirées. Des bandes de tissus sont fixées au tissu mammaire à l’aide de points de suture pour créer une poche pour l’implant. 

Questions relatives à la sécurité

Les implants en silicone ont fait l’objet d’inquiétude par rapport à leur sécurité, mais des années de surveillance ont prouvé qu’elles sont sans danger et ne causent pas de problème de santé. De très rares cas de lymphome non hodgkinien appelé lymphome anaplasique à grandes cellules associé aux implants mammaires (LAGC-AIM) ont été rapportés avec des implants texturés et des études sont en cours pour valider ces informations.

Outre les prothèses, une autre option est la reconstruction mammaire autologue. Pour cette technique, des tissus musculaires et graisseux seront prélevés sur d’autres parties de votre corps et seront greffés sur votre poitrine. Cette option donne un effet plus naturel. Il existe différentes techniques pour la reconstruction mammaire autologue : le lambeau libre et le lambeau pédiculé 

Technique du lambeau libre

Le lambeau libre est la technique la plus utilisée pour la reconstruction mammaire. Le tissu servant à reconstruire le sein est complètement enlevé puis relié aux vaisseaux sanguins du thorax lors de la chirurgie. Le tissu musculaire et graisseux provient souvent de l’abdomen. Cette technique est utilisée lorsque la patiente a reçu une radiothérapie au préalable. 

Technique du lambeau pédiculé

Dans la technique du lambeau pédiculé le tissu qui est prélevé dans l’abdomen (muscle, peau et graisse) reste fixé et aux muscles et aux vaisseaux sanguins ; il n’est pas complètement enlevé. Le lambeau est déplacé sous la peau jusqu’à la région mammaire. Cette technique est utilisée lorsque la patiente n’a pas reçu de radiothérapie.

L’auréole et le mamelon peuvent aussi être reconstruits si nécessaire. Cette procédure est habituellement faite après que le sein reconstruit ait pris sa forme finale, soit 3 à 6 mois après la reconstruction. Un mamelon reconstruit est généralement moins sensible qu’un mamelon naturel et la couleur du mamelon et de l’aréole peut être différente de celle de l’autre sein.

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