Être enceinte après un cancer du sein, est-ce possible ?

Oui ! Il faut toutefois le planifier et prendre des mesures nécessaires avant le traitement. Vous devez en parler avec votre équipe de soin pour qu’elle en tienne [KL1] compte dans votre plan de traitement et vous guide dans cette démarche. Il est possible d’envisager des stratégies de préservation de vos ovules avant le traitement.

Le Centre universitaire de santé McGill (CUSM) a mis sur pied un programme de sensibilisation à la préservation de la fertilité pour favoriser les chances d’avoir un enfant après un traitement contre le cancer. Une équipe travaille à mettre en place un procédé pour que la discussion sur la fertilité se fasse dès la première rencontre avec l’oncologue et pour mettre en œuvre rapidement le processus de préservation des ovules. Ce projet du réseau de cancérologie Rossy vise à faciliter l’accès aux soins de fertilité spécialisés et à promouvoir cette possibilité auprès des patients. Pour plus d’information, visitez leur site web : https://www.mcgill.ca/rcr-rcn/fr/node/732/preserver-fertilite 

Il est possible qu’un antécédent de cancer du sein augmente les chances de prématurité et de bébé de petit poids à la naissance. Un suivi et une prévention appropriés seront donc de mise.

Le traitement du cancer du sein peut diminuer la fertilité

Comme l’âge est un facteur de risque important pour la récidive, les femmes âgées de moins de 35 ans avec un diagnostic de cancer du sein reçoivent souvent de la chimiothérapie pour limiter les chances de réapparition de la maladie. [AT4] Malheureusement, la chimiothérapie peut diminuer la fertilité ou même causer une ménopause précoce. Les agents chimiothérapiques peuvent causer des cycles anovulatoires (sans ovulation) ou une aménorrhée (absence de règle) transitoire ou définitive. Ces irrégularités surviennent fréquemment, mais les menstruations se rétablissent souvent dans les 6 à 24 mois après le traitement. Les risques d’altération de la fertilité dépendent de votre âge, du type de chimiothérapie et de la dose reçue et varient pour chaque femme.

Votre équipe de soin évaluera différents facteurs pour vous conseiller par rapport au temps préférable d’attente avant de tomber enceinte : stade initial du cancer, risque de récidive, type de traitement reçu, pronostic et âge. Si vous prenez de l’hormonothérapie, le risque d’interrompre le Tamoxifen[AT5]  de façon prématurée pour permettre la grossesse sera aussi évalué.

Un temps d’attente minimum de 6 mois est recommandé avant une grossesse à la suite du traitement pour permettre au corps d’évacuer les ovules endommagés par le traitement. Après un traitement d’hormonothérapie, il est toutefois préférable d’attendre cinq ans avant de concevoir un enfant.

Est-ce que la grossesse augmente les risques de récidive du cancer ?

Les femmes sont souvent inquiètes que la grossesse augmente les risques de récidive. Pendant la gestation, les niveaux d’œstrogènes sont élevés et certains craignaient que l’hormone ne réveille des cellules cancéreuses non éliminées par le traitement. De plus, les femmes avec un cancer exprimant les récepteurs ER et PR prennent de l’hormonothérapie pendant quelques années pour diminuer les risques de récidive. Le fait que le traitement doive être interrompu pendant la grossesse est aussi une source d’inquiétudes.

Toutefois, les données sont rassurantes sur le risque de récidive causé par une grossesse. Une étude récente incluant 1200 femmes a montré qu’une grossesse suivant une rémission de cancer du sein n’augmente pas les chances de récidives
www.asco.org

Le temps d’attente entre la fin du traitement et le moment de la grossesse doit être discuté avec votre médecin. La décision dépend du risque de récidive de chaque femme et de la prise d’hormonothérapie adjuvante.

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