Est-ce que je suis à risque de développer un cancer du sein ?

Malgré les progrès scientifiques et médicaux, les causes du cancer du sein demeurent méconnues. Selon les experts, il n’y a pas qu’une cause ou un déclencheur uniques du cancer du sein. Les études ont montré que certains facteurs augmentent les risques de développer un cancer du sein. Le sexe et l’âge sont les facteurs de risque du cancer du sein prédominants. D’autres facteurs peuvent avoir une incidence, mais pour une minorité des cas de cancer du sein. 

Exposition aux œstrogènes

Un des principaux facteurs de risque est l’effet de certaines hormones féminines, en particulier les œstrogènes, qui favoriseraient le développement de certains types de cancer du sein. Par conséquent, tous les éléments susceptibles d’accentuer la quantité d’œstrogène dans le corps ou d’augmenter la durée d’exposition à cette hormone constituent des facteurs de risque.

Cette augmentation d’œstrogènes ou de la durée d’exposition à cette hormone se produit notamment par des menstruations précoces, la prise de contraceptifs oraux, une première grossesse tardive ou aucune grossesse, l’absence d’allaitement, une ménopause tardive, des traitements prolongés d’hormonothérapie contre les effets de la ménopause, l’obésité et la consommation d’alcool.

Les autres facteurs de risque peuvent être divisés en 2 catégories : les facteurs non modifiables (facteurs héréditaires) et les facteurs modifiables (sur lesquels nous pouvons agir). La section ci-dessous résume les principaux facteurs de risque.

Facteurs de risque non modifiables (pour chaque facteur, faire un lien vers plus d’explications)

  • Être une femme
  • Avancer en âge
  • Avoir déjà eu un cancer du sein
  • Antécédents familiaux de cancer du sein
  • Mutations génétiques (BRCA1, BRCA2,…) 
  • Avoir ses premières menstruations jeunes (avant l’âge de 12 ans)
  • Ménopause tardive (après l’âge de 55 ans)
  • Avoir une densité mammaire élevée 
  • Facteurs de risque modifiables (causes liées aux habitudes de vie)
  • Consommer de l’alcool 
  • L’obésité, surtout chez les femmes ménopausées 
  • Être sédentaire (inactivité physique) 
  • Avoir été exposé à un jeune âge à des rayonnements ionisants 
  • Hormonothérapie substitutive
  • Première grossesse à terme tardive (après l’âge de 30 ans) ou n’ayant eu aucune grossesse à terme. 

Facteurs de risque non modifiables

Les facteurs de risque non modifiables renvoient aux facteurs biologiques sur lesquels les femmes n’ont aucun contrôle, contrairement aux facteurs de risque modifiables.

Être une femme est en soi un facteur de risque de cancer du sein puisque plus de 99 % des cas se développent chez les femmes. La maladie apparaît chez l’homme dans moins de 1 % des cas, et ceux-ci sont souvent âgés de plus de 60 ans.

Le risque de cancer du sein augmente avec l’âge. Plus une femme vit longtemps, plus la probabilité qu’elle soit atteinte un jour de cette maladie s’accroît. Ce type de cancer est plus fréquent parmi les femmes âgées de 50 à 69 ans. Néanmoins, dans près d’un cas sur cinq, il touche les femmes de 20 à 49 ans. Dans environ 20 % des cas, il est diagnostiqué chez des femmes de plus de 70 ans.

Les femmes qui ont déjà été atteintes d’un cancer du sein sont plus à risque d’en développer un autre, dans le même sein ou dans l’autre.

Le risque de développer un cancer du sein augmente si un ou des membres de la famille, du côté paternel ou maternel, ont déjà été atteints d’un cancer du sein, en particulier s’il s’agit d’une femme et que son diagnostic ait été posé avant la ménopause. En outre, plus le nombre de membres de la famille au premier degré d’une femme (père, mère, sœur ou fille) ayant été atteints de cancer du sein est élevé, plus le risque augmente.

Le risque est plus faible lorsqu’il s’agit de parenté au second degré (grand-mère, tante ou nièce), mais il est plus élevé si le membre de la famille a été atteint d’un cancer aux deux seins (cancer du sein bilatéral) avant la ménopause. Les antécédents familiaux suivants sont aussi considérés comme des facteurs de risque :

  • Deux membres de la famille ou plus ayant été atteints d’un cancer du sein ou de l’ovaire. 
  • Un membre de la famille ayant été atteint d’un cancer du sein et d’un cancer de l’ovaire. 
  • Un membre de la famille de sexe masculin a été atteint du cancer du sein.

Il faut toutefois noter que la plupart des femmes touchées n’ont pas d’antécédents familiaux de la maladie. Soyez vigilant : s’il y a des antécédents de cancer du sein dans votre famille, parlez-en à votre médecin.

Les gènes dont nous héritons peuvent subir des mutations au cours des générations et ainsi augmenter le risque de développer un cancer. Cliquez ici pour en savoir plus sur les mutations génétiques.

L’apparition des menstruations à un jeune âge, soit avant l’âge de 12 ans, allonge la durée d’exposition à l’œstrogène et à d’autres hormones et augmente le risque de cancer du sein.

Plus la ménopause survient tardivement, par exemple, après 55 ans, plus la femme se trouve longtemps exposée à l’œstrogène au cours de sa vie. Cela augmente le risque d’avoir un cancer du sein.

Facteurs de risque modifiables

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Outre les facteurs de risques génétiques ou biologiques, certains comportements ou habitudes de vie peuvent augmenter les risques de cancer du sein. Parce qu’il est possible de changer ces habitudes, ces facteurs de risque sont considérés comme modifiables.

Dans certains cas, il peut être difficile de renoncer à certaines pratiques pour diminuer le risque de cancer du sein. Par exemple, l’hormonothérapie peut être souhaitable pour une femme aux prises avec des symptômes sévères de ménopause. Il est préférable de discuter de vos facteurs de risque avec un médecin pour que vous puissiez prendre les meilleures décisions pour votre santé.

Le fait d’avoir reçu, pour des traitements médicaux, des radiations ou rayons ionisants est un facteur de risque de cancer du sein. Le risque est plus élevé si le traitement a été administré avec une chimiothérapie lors de la puberté ou avant l’âge de 15 ans.

Les médecins peuvent prescrire un traitement appelé « hormonothérapie substitutive » (HTS) pour diminuer les effets sévères de la ménopause. Ce traitement est parfois combiné avec une autre hormone : un progestatif, qui est une forme synthétique de la progestérone.

Si l’hormonothérapie substitutive parvient en général à soulager les femmes des effets indésirables de leur ménopause, elle augmenterait, en revanche, le risque de cancer du sein puisqu’elle est composée d’œstrogènes, une hormone liée à cette maladie. Des études ont montré que le risque de développer le cancer du sein augmente après l’utilisation durant cinq ans ou plus d’une hormonothérapie substitutive, et encore plus si celle-ci contient aussi un progestatif.

La hausse du risque semble disparaître quelques années après la fin du traitement. Toutefois, de nombreux chercheurs estiment que les risques de l’emploi à long terme d’une hormonothérapie substitutive, combinée au progestatif, l’emportent sur les bienfaits de ce traitement.

Les femmes aux prises avec des effets sévères de la ménopause doivent donc, avec l’aide de leur médecin, faire le meilleur choix pour leur santé : prendre ou non un traitement d’hormonothérapie substitutive en fonction des symptômes indésirables de leur ménopause et des facteurs de risque personnels liés au cancer du sein.

Quel que soit leur choix, il est fortement recommandé aux femmes pré ou postménopausées d’observer régulièrement leurs seins, pour y détecter tout changement anormal (bosse, rougeur, peau d’orange, etc.). Il importe de se rappeler que le risque de développer un cancer du sein augmente avec l’âge. De plus, il est vivement recommandé aux femmes de 50 à 69 ans de passer une mammographie tous les deux ans.

Durant une grossesse, les cellules mammaires d’une femme cessent temporairement d’être exposées à l’œstrogène circulant. Par conséquent, plus une femme a eu de grossesses, moins elle est exposée à cette hormone liée au cancer du sein, contrairement aux femmes n’ayant porté aucun enfant ou n’ayant mené aucune grossesse à terme.

De plus, les femmes qui ont eu leur première grossesse après 30 ans ont un risque légèrement plus élevé que les femmes pour qui la première grossesse à terme a eu lieu à un plus jeune âge. 

Enfin, d’après de nombreuses études, l’allaitement est considéré comme un facteur protecteur contre le cancer du sein.

Les seins sont dits denses quand ils se composent d’une plus grande quantité de tissu conjonctif (entre les glandes et les canaux), de glandes et de canaux galactophores que de tissu graisseux (adipeux). Seule une mammographie permet de déterminer la densité du sein. La mammographie permet de distinguer les contrastes entre les tissus denses radio-opaques (en blanc) des tissus graisseux radio-translucides (en gris).  

Voici un exemple d’un sein peu dense et d’un très dense :

Les femmes aux seins denses ont plus de risques d’être atteintes d’un cancer du sein que les autres femmes. La densité mammaire diminue avec l’âge et après la ménopause. Toutefois, la densité mammaire est un facteur modifiable , car elle peut être influencée par nos habitudes de vie. Par exemple, l’utilisation d’hormonothérapie substitutive, une première grossesse tardive ou une absence de grossesse et la consommation d’alcool pourraient augmenter la densité mammaire. En contrepartie, la prise de vitamine D pourrait diminuer la densité mammaire, donc réduire le risque de développer un cancer du sein.

La consommation d’alcool, même en faible quantité, augmente le risque de cancer du sein. De plus, ce risque augmente proportionnellement avec la quantité consommée. Deux raisons peuvent expliquer ce risque : 

  • L’alcool pourrait faire augmenter le taux d’œstrogène, une hormone associée au cancer du sein ;
  • L’alcool risque aussi de réduire des éléments nutritifs essentiels qui protègent contre les lésions cellulaires, comme l’acide folique, un type de vitamine B, et les vitamines A et C. 

Il est recommandé de limiter sa consommation d’alcool à une consommation par jour pour un maximum de cinq jours par semaine. 

L’obésité augmente le risque de développer un cancer du sein chez les femmes ménopausées. Après la ménopause, les tissus graisseux produisent un peu d’œstrogène. Une augmentation du taux de cette hormone est associée au cancer du sein.

Des recherches indiquent que ne pas faire d’exercice est un facteur de risque de cancer du sein. À l’inverse, ces études ont montré aussi un lien entre la pratique régulière d’activité physique et une diminution du risque de développer la maladie. Pratiquer une activité physique d’intensité élevée de plus de 4 heures par semaine réduit le risque. L’effet de l’exercice sur le risque de cancer du sein peut être plus important chez les femmes en préménopause ayant un poids corporel normal ou faible.

Les mutations génétiques causeraient environ 5 à 10 % des cancers du sein

Les gènes dont nous héritons peuvent avoir subi des mutations au cours des générations et ainsi augmenter le risque de développer un cancer. Toutefois, seul un petit nombre de cancers du sein, soit de 5 à 10 % environ, seraient attribuables à une mutation génétique connue.

Les gènes les plus connus pour être associés au cancer du sein sont BRCA1 et BRCA2. Des mutations sur ces gènes rendent certaines femmes plus susceptibles d’être atteintes d’un cancer du sein. 

Des mutations dans différents gènes (ATM, CDH1, CHEK2, MRE11A, MSH6, NBN, PALB2, PMS2, PTEN, RAD50, RAD51C, SEC23B, or TP53) ont été associées à des risques plus élevés de cancer du sein. 

D’importantes études sont faites pour mieux caractériser quelles mutations augmentent le risque de développer un cancer du sein. Éventuellement, il serait possible d’associer un profil génétique à un niveau de risque, ce qui permettrait un suivi et une prise en charge précoce des femmes à haut risque.

Voir l’article « Une importante étude sur l’empreinte génétique du cancer du sein livre enfin ses secrets »

Certains autres troubles génétiques héréditaires rares font aussi augmenter le risque de cancer du sein : le syndrome de Li-Fraumeni, l’ataxie-télangiectasies, le syndrome de Cowden, le syndrome de Peutz-Jeghers. 

Si le risque de cancer du sein lié à des mutations héréditaires vous inquiète, n’hésitez pas à en parler à votre médecin. Il est possible de procéder à une évaluation du risque ou à un dépistage génétique.

Des outils d’évaluation du risque de cancer du sein

Il existe des outils pour calculer votre risque de développer un cancer du sein. La plupart tiennent en compte votre âge, ethnicité, antécédents familiaux et d’autres critères comme le poids, les biopsies précédentes, l’âge des premières menstruations ou de la première grossesse. 

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