Les hommes ne sont pas à l’abri du cancer du sein

Les hommes, comme les femmes, ont des tissus mammaires, ils peuvent donc développer un cancer du sein. Toutefois, les cas sont rares, puisque cette maladie chez l’homme représente, au Canada et au Québec, moins de 1 % de tous les cas de cancer du sein. Il touche 1 homme sur 1000 (comparativement à 1 femme sur 8). Cela représente annuellement, au pays, environ 200 hommes malades et 55 autres qui en décèdent.

Le cancer du sein de l’homme est similaire à celui de la femme.

Le cancer du sein se développe de la même façon chez les hommes que chez les femmes. Par conséquent, pour toute personne atteinte, quel que soit son sexe, la majorité de l’information disponible sur ce site s’applique, notamment celle sur la formation et l’évolution de la maladie, le dépistage et le diagnostic et les traitements.

En outre, même si ce cancer peut se développer chez des adultes de tout âge, il frappe généralement des hommes âgés de 60 à 70 ans. Le cancer du sein masculin le plus fréquent est le carcinome canalaire, lequel se forme dans les canaux mammaires. 

À cause de l’absence de programme de dépistage, les hommes sont souvent diagnostiqués à un âge et un stade de cancer plus avancé que les femmes, ce qui fait que le taux de survie global est moins élevé. Toutefois, à stade égal, le taux de survie est similaire à celui des femmes. Avec les années, tout comme pour le cancer du sein de la femme, le taux de survie s’est grandement amélioré.  

Le cancer du sein chez l’homme est sous-étudié. Les études cliniques les incluent rarement et les conclusions obtenues chez les femmes sont extrapolées aux hommes. Des études sont en cours pour mieux caractériser le cancer du sein de l’homme et comprendre sa biologie afin d’optimiser les traitements offerts. Le cancer du sein chez l’homme est similaire à celui de la femme, mais comporte quelques caractéristiques distinctes, vu les différences hormonales. 

Principaux signes 

Parmi les principaux symptômes possibles de cancer du sein chez l’homme, on retrouve :

  • Une masse non douloureuse (nodule) au sein 
  • Un léger écoulement, une inversion ou des saignements du mamelon 
  • Des ulcères cutanés
  • Des ganglions enflés

Ces signes peuvent être liés à un tout autre problème, facilement traitable, qu’à un cancer du sein. En fait, la plupart des problèmes touchant les seins ne sont pas cancéreux. Si vous êtes un homme et avez l’un ou plusieurs de ces signes, il est important de consulter un médecin. Seul un examen médical par un professionnel de la santé permet d’établir la nature du problème et le traitement approprié.

Facteurs de risque 

Les principaux facteurs de risque du cancer du sein chez l’homme sont les suivants :

  • Historique familial de cancer du sein
  • Être porteur d’une mutation génétique comme BRCA1 ou BRCA2, CHEK2, PALB2
  • Exposition à des radiations
  • Avoir un faible taux d’androgène (hormone masculine) ou un taux élevé d’œstrogène (hormone féminine)
  • Avoir une maladie ou un état associé(e) à la gynécomastie (développement excessif des glandes mammaires chez l’homme), au syndrome de Klinefelter (fait d’avoir deux chromosomes X au lieu d’un seul), à l’obésité, aux anomalies testiculaires ou à une cirrhose (maladie chronique du foie).
  • Le risque augmente avec l’âge.
  • Les hommes noirs sont plus à risque. 

Notez qu’il s’agit de risques — et non de certitudes — de développer la maladie. Vous pourriez donc avoir un ou plusieurs de ces facteurs et ne jamais développer de cancer du sein. À l’opposé, un homme peut être atteint de ce cancer en l’absence de tous ces éléments.

Sous-types

La grande majorité des cancers du sein chez l’homme expriment les récepteurs hormonaux ER et AR (récepteur aux androgènes).  

Les mutations retrouvées dans les cellules cancéreuses ne sont pas les mêmes chez l’homme et la femme. Elles sont plus souvent retrouvées sur des gènes impliqués dans la réparation de l’ADN chez les hommes alors que les femmes ont plus souvent des mutations des gènes 16q, PI3KCA et TP53.

Le type de cancer du sein de l’homme le plus commun est le carcinome ductal invasif (le carcinome ductal in situ n’est pas palpable). Les carcinomes lobulaires sont rares (1-2 %) parce que les hommes n’ont généralement pas de lobules. Des cancers du sein plus rares sont aussi diagnostiqués ; le cancer papillaire (3-4 %) et le cancer mucineux (1-2 %).  

Traitements

La chirurgie est recommandée. La mastectomie est plus souvent pratiquée que la tumorectomie. Toutefois, les études observationnelles montrent que la tumorectomie est aussi efficace que la mastectomie, tout en étant plus esthétique et fonctionnelle. 

Chez les hommes, les études estiment que la radiothérapie est sous-utilisée et il serait bénéfique de la considérer davantage. Tout comme pour les femmes, la chimiothérapie et les traitements ciblant Her2 devraient être utilisés de façon adjuvante ou néo-adjuvante. 

L’hormonothérapie est souvent utilisée, mais l’approche est différente chez les hommes, car les mécanismes de production des hormones diffèrent. Les hommes reçoivent généralement le Tamoxifen pendant 5 à 10 ans, selon leur risque de récidive et des effets secondaires. 

Les effets secondaires du Tamoxifen chez l’homme sont :

  • Des thromboses veineuses
  • Des cataractes
  • De la dysfonction sexuelle
  • Des variations d’humeur
  • Des bouffées de chaleur
  • Des crampes aux jambes

Les inhibiteurs de l’aromatase sont moins efficaces chez l’homme que chez la femme pour diminuer les niveaux d’œstrogène. Ils peuvent être pris en combinaison avec des analogues de l’hormone libérant la gonadotrophine. Plus d’études sont requises pour confirmer l’efficacité de cette combinaison. 

Études en cours

Plusieurs études sont en train d’être menées afin d’améliorer les soins du cancer du sein chez l’homme : 

  • Le programme International male breast cancer program étudie les échantillons de 1400 hommes avec cancer du sein afin de mieux comprendre la maladie.
  • Une étude sur le Seviteronel, un inhibiteur de l’enzyme CYP17A1 impliquée dans la synthèse des œstrogènes et des androgènes.  
  • Une étude évaluant l’efficacité de combiner un analogue de la GnRH avec le Tamoxifen ou un inhibiteur de l’aromatase.

De plus en plus d’études cliniques sur le cancer du sein recrutent maintenant des hommes.

Quelques liens utiles :

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