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Croyances alimentaires associées au cancer

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27 juin 2019

Démystifions les mythes nutritionnels

Faire les bons choix alimentaires, ce n’est pas toujours évident. Produits minceur, superaliments et diètes extravagantes sont des propositions qui peuvent sembler attrayantes. Pourtant, les régimes miracles n’existent pas. Une option simple est reconnue par les nutritionnistes pour manger sainement : opter pour des repas équilibrés.

Bien manger, c’est quoi ?

  • Privilégiez une abondance de fruits et de légumes.
  • Choisir des aliments riches en fibres alimentaires.
  • Veillez à modérer votre consommation d’alcool.
  • Limitez votre consommation de gras saturés et de viande rouge.
  • Favoriser les végétaux et les aliments frais au lieu des produits ultra-transformés.

Pourquoi bien manger ?

Une multitude d’articles scientifiques ont démontré les bienfaits d’une saine alimentation. Les études sont nombreuses à montrer que manger de façon équilibrée est associé à une réduction significative de l’incidence des cancers et de la mortalité[SB1] .

Les mythes qui ont la peau dure

On retrouve sur internet une panoplie de diètes et d’aliments miracles pour être en santé et perdre du poids. Il faut être prudent avec ces propositions avant de changer ses habitudes alimentaires. On devrait vérifier que les renseignements proviennent de sources fiables et que plus d’un professionnel de la santé adhèrent à la proposition. Voici quelques informations sur des mythes nutritionnels associés au cancer.

Le pouvoir non fondé des antioxydants

Les radicaux libres sont des molécules instables qui se forment naturellement dans le corps et peuvent causer des dommages cellulaires. Les antioxydants peuvent les neutraliser et nous protéger.

Une tendance populaire est de croire qu’une alimentation riche en antioxydant peut prévenir ou guérir le cancer.

C’est faux. Aucune étude n’a clairement démontré de tels bénéfices. Une alimentation variée et riche en fruits et en légumes fournirait une quantité suffisante d’antioxydants[SB2] .   

La controverse avec le soya 

Les avantages des protéines végétales sont avérés. Tofu, tempeh, fèves de soya sont de plus en plus populaires. Certaines femmes redoutent d’en consommer puisque les produits du soya contiennent des phytoestrogènes.

Comme ces molécules sont semblables aux œstrogènes, il a été proposé qu’elles aient un effet prolifératif sur les cellules du sein.

C’est faux. Les études ont montré qu’il est sécuritaire de consommer les produits du soya avec modération sans augmenter le risque de récidive de cancer. Les phytoestrogènes ont 1000 fois moins d’affinités pour les récepteurs des œstrogènes que les hormones naturelles ou de synthèse[SB3] .

Toutefois, il faut noter que les suppléments de phytoestrogènes sont contre-indiqués si vous avez reçu un diagnostic de cancer hormono-dépendant.

Attention aux régimes miracles

Les promesses des régimes miracles s’accumulent : diète cétogène, sans gluten, les jeûnes, les régimes liquides, etc.

Certains proposent de prévenir le cancer, de diminuer les effets indésirables liés aux traitements ou même d’améliorer les chances de guérison. Comment s’y retrouver ?

Peu d’études ont montré d’effet concluant de tels régimes. À l’inverse, ils peuvent mener à des carences nuisibles à votre santé ou à votre rétablissement. S’il est vrai que certains régimes peuvent vous apporter des bénéfices, d’autres pourraient nuire à votre état nutritionnel ou interférer avec votre traitement. Consultez un professionnel de la santé avant d’apporter des modifications à votre alimentation[SB4] .


 [SB1]World Cancer Research Fund International/American Institute for Cancer Research Continuous Update Project Report: Diet, Nutrition, Physical Activity, and Breast Cancer. 2017, revised 2018 (en ligne) http://www.aicr.org/continuous-update-project/reports/breast-cancer-report-2017.pdf

 [SB2]Saeidnia S, Abdollahi M. (2013). Antioxidants: friends or foe in prevention or treatment of cancer: the debate of the century. Toxicol Appl Pharmacol. 271(1):49-63.

 [SB3]Zhang, F. F., et coll (2017). Dietary isoflavone intake and all‐cause mortality in breast cancer survivors: The Breast Cancer Family Registry. Cancer, 123(11), 2070-2079.

et

Thompson LU et coll. (2006). Phytoestrogen content of foods consumed in Canada, including isoflavones, lignans, and coumestan. Nutrition and cancer, 54(2), 184-201.

 [SB4]Extenso.org. Bien s’alimenter quand on a le cancer du sein (en ligne).