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Brouillard cérébral ou «chemobrain »

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29 octobre 2018

De nombreuses patientes atteintes d'un cancer du sein souffrent de « chimio encéphalite », également décrite comme un brouillard cérébral ou un dysfonctionnement cognitif, pendant et après les traitements oncologiques. Cette condition peut entraîner de graves répercussions sur la qualité de vie de ces personnes. Ces problèmes prennent généralement la forme de pertes de mémoire, de difficultés d’attention et de concentration, d’une incapacité à réaliser plusieurs tâches simultanément ainsi que des modifications ­marquées de l’humeur.

Le brouillard cérébral expliqué

Le brouillard cérébral fait référence aux changements cognitifs qui altèrent la pensée, l'apprentissage, le traitement ou la mémorisation de l'information. Même si le brouillard cérébral est un terme couramment utilisé, il est faussement représentatif puisqu’il n'est pas limité uniquement aux survivantes du cancer qui ont reçu de la chimiothérapie. La chirurgie et la radiothérapie peuvent aussi contribuer au dysfonctionnement cognitif observé chez les survivantes du cancer du sein.

Les études soulignent qu'il existe une multitude de causes au brouillard cérébral. Elles tiendraient au cancer lui-même, à l’impact de l’annonce de la maladie, à l’anxiété et à la fatigue, mais aussi à l’action neurotoxique de la chimiothérapie, au stress oxydatif (qui agresse les cellules) et à des troubles hormonaux ou de l’immunité.

Les signes et symptômes du brouillard cérébral 

  • Confusion;
  • Difficulté à se concentrer;
  • Trous de mémoire;
  • Sensation d’avoir le cerveau embrumé
  • Perception suggestive d’une personne de ne pas pouvoir penser aussi clairement que d’habitude;
  • Difficulté à accomplir les tâches de routine;
  • Troubles avec ses aptitudes langagières. Difficulté à s’exprimer avec des mots, se rappeler des mots ou nommer des objets, comprendre les mots ou les conversations et écrire.

Facteurs de risque du brouillard cérébral

  • Le cancer lui-même;
  • Radiothérapie du cerveau;
  • De fortes doses de chimiothérapie ou de radiothérapie;
  • Changements hormonaux ou traitements hormonaux;
  • Dysfonction immunitaire;
  • Prédisposition génétique;
  • Fatigue;
  • Problèmes de sommeil;
  • Dépression;
  • État émotionnel (stress, anxiété, inquiétude);
  • Carences nutritionnelles.

Comment réduire les symptômes ?

  • L'activité physique régulière diminue la fatigue et améliore l'humeur et la vigilance.
  • Exercice cérébral : s'inscrire à des cours, résoudre des énigmes ou apprendre de nouvelles langues sont bénéfiques.
  • Des planificateurs quotidiens pour suivre les rendez-vous, les tâches, les listes de « choses à faire », les dates importantes, etc.
  • Se reposer et dormir suffisamment.
  • Manger des légumes. La recherche a démontré que manger plus de légumes est associé au maintien de la puissance du cerveau lorsque les gens vieillissent.
  • Éviter les tâches multiples et se concentrer sur une chose à la fois.
  • Oser demander de l'aide. Les amis et les membres de la famille peuvent vous aider dans vos tâches quotidiennes.
  • Faire le suivi des troubles de mémoire en tenant un journal dans lequel on indique quand les problèmes de mémoire sont perceptibles (p. ex. après avoir pris un médicament, à une certaine heure de la journée, dans une situation particulière, etc.)

Est-ce que le brouillard cérébral disparaît un jour ?

Chez la majorité des patients, les symptômes « chimio encéphaliques » s'atténuent dans les 9 à 12 mois suivant la fin de la chimiothérapie. Une proportion plus faible de personnes (environ 10 à 20 %) peut ressentir des effets à long terme.