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Causes liées aux habitudes de vie

Outre les facteurs de risques génétiques ou biologiques, certains comportements ou habitudes de vie peuvent augmenter les risques de cancer du sein. Parce qu'il est possible de changer ces habitudes, ces facteurs de risque sont considérés comme modifiables.

La réduction du risque nécessite ainsi d'adopter une nouvelle habitude de vie. Toutefois, dans certains cas, il peut être difficile de renoncer à certaines pratiques pour diminuer le risque de cancer du sein. Par exemple, l’hormonothérapie peut être souhaitable pour une femme aux prises avec des symptômes sévères de ménopause. Il est préférable de discuter de vos facteurs de risque avec un médecin pour que vous puissiez prendre les meilleures décisions pour votre santé.


Avoir été exposé à un jeune âge à des rayonnements ionisants 
Le fait d’avoir reçu, pour des traitements médicaux, des radiations ou rayons ionisants est un facteur de risque de cancer du sein. Le risque est plus élevé si le traitement a été administré avec une chimiothérapie lors de la puberté ou avant l’âge de 15 ans.


Avoir augmenté son exposition aux hormones
Selon leur état de santé et leur mode de vie, les femmes peuvent choisir de prendre des contraceptifs oraux ou, pour soulager des symptômes aigus de la ménopause, de suivre un traitement prolongé d’hormonothérapie substitutive (HTS). Il faut toutefois savoir que, dans les deux cas, la quantité d’hormones féminines liées au risque de cancer du sein est augmentée.


Contraceptifs oraux comme « la pilule »
Les contraceptifs oraux contiennent souvent deux hormones – l’œstrogène et la progestérone – susceptibles d’augmenter le risque de développer un cancer du sein, notamment pour les femmes qui ont pris ces contraceptifs pendant 10 ans ou plus. Cette augmentation de risque disparaît lorsque la femme cesse l’utilisation de contraceptifs oraux. Les femmes qui utilisent présentement, et depuis moins de 10 ans, des contraceptifs oraux ont un risque légèrement plus élevé que celles qui n’en ont jamais pris.

Si vous choisissez la pilule comme moyen de contraception, il importe que vous adoptiez les deux pratiques suivantes : 

  • observer vos seins régulièrement;
  • passer un examen clinique des seins.

Traitement d’hormonothérapie périménopause
Les médecins peuvent prescrire un traitement appelé « hormonothérapie substitutive » (HTS) pour diminuer les effets sévères de la ménopause. De plus, ce traitement est parfois combiné avec une autre hormone : un progestatif, qui est une forme synthétique de la progestérone.

Si l’hormonothérapie substitutive parvient en général à soulager les femmes des effets indésirables de leur ménopause, elle augmenterait, par contre, le risque de cancer du sein, puisqu’elle est composée d’œstrogène, une hormone liée à cette maladie. Des études ont montré que le risque de développer le cancer du sein augmente après l’utilisation durant cinq ans ou plus d’une hormonothérapie substitutive, et encore plus si celle-ci contient aussi du progestatif.

La hausse du risque semble disparaître quelques années après la fin du traitement. Toutefois, de nombreux chercheurs estiment que les risques de l’emploi à long terme d’une hormonothérapie substitutive, combinée au progestatif, l’emportent sur les bienfaits de ce traitement.

Les femmes aux prises avec des effets sévères de la ménopause doivent donc, avec l’aide de leur médecin, faire le meilleur choix pour leur santé : prendre ou non un traitement d’hormonothérapie substitutive en fonction des symptômes indésirables de leur ménopause et des facteurs de risque personnels liés au cancer du sein.

Quel que soit leur choix, il est fortement recommandé aux femmes pré ou postménopausées d’observer régulièrement leurs seins, pour y détecter toute bosse ou tout changement anormal. Il importe de se rappeler que le risque de développer un cancer du sein augmente avec l’âge. De plus, il est vivement recommandé aux femmes de 50 à 69 ans de passer une mammographie tous les deux ans.


Première grossesse tardive ou aucune grossesse à terme 
Durant une grossesse, les cellules mammaires d’une femme cessent temporairement d’être exposées à l’œstrogène circulant. Par conséquent, plus une femme a eu de grossesses, moins elle est exposée à cette hormone liée au cancer du sein, contrairement aux femmes n’ayant porté aucun enfant ou n’ayant mené aucune grossesse à terme.

De plus, les femmes qui ont eu leur première grossesse après 30 ans ont un risque légèrement plus élevé que les femmes pour qui la première grossesse à terme a eu lieu à un plus jeune âge. 

Enfin, d’après de nombreuses études, l’allaitement est considéré comme un facteur protecteur contre le cancer du sein.


Avoir une densité mammaire élevée
Les seins sont dits denses quand ils se composent d’une plus grande quantité de tissu conjonctif (entre les glandes et les canaux), de glandes et de canaux galactophores que de tissu graisseux (adipeux). Seule une mammographie permet de déterminer la densité du sein. La mammographie permet de distinguer les contrastes entre les tissus denses radio-opaques (en blanc) des tissus graisseux radio-translucides (en gris).  

Voici un exemple d'un sein peu dense et d'un très dense :

Les femmes aux seins denses ont plus de risques d’être atteintes d’un cancer du sein que les autres femmes. La densité mammaire diminue avec l’âge et après la ménopause. Toutefois, la densité mammaire est un facteur modifiable, car elle peut être influencée par nos habitudes de vie. Par exemple, l’utilisation d’hormonothérapie substitutive, une première grossesse tardive ou une absence de grossesse et la consommation d’alcool pourraient augmenter la densité mammaire. En contrepartie, la prise de vitamine D pourrait diminuer la densité mammaire, donc réduire le risque de développer un cancer du sein.


Fumer et être exposée à la fumée secondaire 
Les connaissances actuelles de la recherche scientifique ont démontré que le tabagisme et l’exposition à la fumée secondaire pourraient augmenter le risque de développer un cancer du sein. Ainsi, d’après de récentes études :

  • fumer augmenterait le risque de cancer du sein chez les femmes préménopausées ou postménopausées;
  • il existerait un lien entre la fumée secondaire et le cancer du sein, particulièrement chez les jeunes femmes préménopausées n’ayant jamais fumé.

Cependant, d’autres recherches seront nécessaires pour déterminer l’effet réel du tabagisme actif (fumer) et de l’exposition à la fumée secondaire sur le nombre de cas de cancer du sein et les taux de mortalité de cette maladie.

Cela étant dit, fumer ou être exposé à la fumée du tabac comporte des risques pour la santé globale. La Fondation du cancer du sein du Québec vous encourage donc à cesser l’usage du tabac, si vous fumez, et d’éviter la fumée secondaire.


Consommer de l’alcool 
La consommation d’alcool, même en faible quantité, augmente le risque de cancer du sein. De plus, ce risque augmente proportionnellement avec la quantité consommée. Deux raisons peuvent expliquer ce risque : 

  • l’alcool pourrait faire augmenter le taux d’œstrogène, une hormone associée au cancer du sein;
  • l'alcool risque aussi de réduire des éléments nutritifs essentiels qui protègent contre les lésions cellulaires, comme l’acide folique, un type de vitamine B, et les vitamines A et C. 

Il est recommandé de limiter sa consommation d’alcool à une consommation par jour pour un maximum de cinq jours par semaine.


Avoir pris beaucoup de poids après la ménopause
L’obésité augmente le risque de développer un cancer du sein chez les femmes ménopausées. Après la ménopause, les tissus graisseux produisent un peu d’œstrogène. Une augmentation du taux de cette hormone est associée au cancer du sein.


Être sédentaire (inactivité physique) 
Des recherches indiquent que ne pas faire d’exercice est un facteur de risque de cancer du sein. À l’inverse, ces études ont montré aussi un lien entre la pratique régulière d’activité physique et une diminution du risque de développer la maladie pour les femmes préménopausées ou postménopausées. Marchez, courez, bougez... Il n’y a pas de minimum pour en obtenir les bénéfices.


Autres facteurs de risque

Des études récentes révèlent d'autres facteurs de risque possibles.

  • Avoir pris du poids à l’âge adulte
    La prise de poids à l’âge adulte pourrait augmenter le risque de cancer du sein lors de la ménopause. Toutefois, des études sont nécessaires pour déterminer si une perte de poids peut réduire ce risque.
  • Carence en vitamine D
    Les études récentes suggèrent que les femmes ayant des apports faibles en vitamine D seraient plus à risque de développer un cancer du sein. La vitamine D est un nutriment que l’on retrouve principalement dans les poissons gras et les œufs, mais aussi dans les produits laitiers. La vitamine D est également produite par la peau suivant une exposition au soleil. Toutefois, il est reconnu que l’exposition au soleil augmente le risque de cancer de la peau. Outre les effets bénéfiques de la vitamine D sur la santé osseuse, plusieurs études en cours visent à démontrer les bienfaits de cette vitamine sur la santé des seins.