27 août 2022Santé des seins

La culpabilité du survivant: qu’est-ce que c’est et que faire si on en souffre?

Suite à un cancer du sein, il est possible que vous ressentiez toutes sortes d’émotions : positives et/ou négatives. Dans le cas où vous ressentiriez des émotions comme de l’anxiété, de la tristesse ou même de l’embarras : il est possible que vous éprouviez de la « culpabilité du survivant ». Afin de vous aider à traverser ce sentiment assez fréquent, découvrez nos conseils.  


 
Tout d’abord, c’est quoi la culpabilité du survivant?  

  La personne atteinte de la culpabilité du survivant vit des émotions douloureuses, complexes et ambivalentes provoquées par le fait d’être toujours en vie, après une situation dans laquelle d’autres personnes sont décédées. Ce sentiment est généralement associé à un trouble de stress post-traumatique (TSPT) : un trouble anxieux associé à des événements traumatiques graves comme un accident, des souvenirs de guerre… mais cela peut également survenir suite à un cancer du sein.  

La culpabilité du survivant peut se manifester par un mélange d’empathie, de tristesse, de colère, la peur, le chagrin, d’anxiété, de pression, et bien d’autres.  Ce sentiment peut survenir dans différentes situations et prendre différentes formes. Pour les personnes atteintes de cancer du sein, elles peuvent par exemple ressentir de la culpabilité par rapport aux autres personnes atteintes, ou encore de la culpabilité du fait d’être encore en vie et ainsi sentir une pression de donner un sens plus grand à sa vie pour justifier cette seconde chance.  

 
Quoi faire lorsqu’on ressent ce sentiment :  

Afin d’arriver à réduire et gérer le sentiment de culpabilité, la première étape est de réussir à reconnaitre son sentiment, et prendre un moment pour réfléchir et l’identifier : est-ce de l’empathie, de la peur, de la tristesse ? Etc. Ensuite, en connaître la source et s’autoriser à le vivre. Ce sentiment est valide !  Définir et accepter ses limites est également une bonne façon de réaliser que faire son possible, c’est suffisant. 

Une pensée qui peut également aider lorsque l’on éprouve de la culpabilité, c’est de se rappeler qu’il est possible de faire preuve de gratitude sans que cela empêche d’avoir de l’empathie. Il faut essayer de se parler avec bienveillance, comme à un ami ou un être cher.  

Un diagnostic de cancer du sein apporte de nombreux changements dans le quotidien, parfois bouleversants. Il est donc important de se laisser du temps pour les accepter, et se rappeler que chaque personne est différente. Il est donc tout à fait normal de composer à sa façon avec ses émotions. Se rappeler qu’il n’y a parfois pas de réponses ni d’explications logiques à ce qui arrive aide parfois aussi à se sentir mieux. Il n’y a pas de raison à ce qui arrive.  

Si un décès a eu lieu, il est important de prendre le moment nécessaire pour faire son deuil. Le temps est réparateur, et il ne faut parfois pas être trop pressé d’aller mieux toute suite.  

 
Parfois, aller chercher du soutien s’avère nécessaire pour mieux se sentir, et lutter contre ce sentiment de culpabilité. Rejoindre des groupes de soutien de survivants du cancer du sein peut être une solution. Également, en parler à une personne de confiance qui sait écouter peut faire du bien, ou contacter la Fondation afin de bénéficier de services de soutien psychosociaux gratuits.    

  Ainsi, ce sentiment n’est pas rare et ne doit pas être mis de côté ou vu de manière négative : normalisez-le. Il existe de nombreuses solutions et astuces afin de mieux se sentir et le voir disparaitre au fil du temps.  


Si vous vivez des doutes ou des questions en lien avec le cancer du sein avant, pendant ou après le diagnostic ou les traitements, appelez-nous au 1-855-561-ROSE afin d’en apprendre plus sur nos services de soutien psychosociaux. Nous sommes là pour vous. 


SOURCES:  

Amir M, Ramati A (2002) Post-traumatic symptoms,emotional distress and quality of life in long-term survivors of breast cancer. J Anxiety Disord 

16 (2): 195-206 

Bataille P (2003) Un cancer et la vie. Voix et regards. Les malades face à la maladie. Balland, Paris 

Castro B, Castro D, Skurnik N (1991) Psychologie et Cancer : place de la rationalisation dans une maladie cancéreuse de mauvais pronostic. Ann Med Psychol 146 (6): 517-24 

Hobbie WL, Stuber M, Meeske K, et al. (2000) Symptoms of posttraumatic stress in young adult survivors of childhood cancer.J Clin Oncol 18 (24): 4060-6 

Huguet M (1995) Le Cancer comme événement traumatique. De l’angoisse à la recherche de soi. Réflexions à propos d’un cas clinique. In : Pélicier Y (ed) Psychologie, cancers et société. L’esprit du temps, Le Bouscat, pp. 37-45 

Pretty H (1988) La Guérison du cancéreux selon le malade. Rapport intro- ductif. Psychol Med 20 (9): 1257 

Razavi D, Delvaux N (2002) Psycho-oncologie. Le cancer, le malade et sa famille. Masson, Paris 

Reich M, Deschamps C, Ulaszewski AL, et al. (2001) L’Annonce d’un diagnostic de cancer : paradoxes et quiproquos. Rev Med Interne 22: 560-6 

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www.dictionary.cambridge.org/dictionary/english/survivor-guilt; dernière consultation le 18.01.2022 

Survivor Guilt Among Breast Cancer Patients: Do Some Feel Guilty for Winning the Fight? Wisher, Trena A. Gardner-Webb University ProQuest Dissertations Publishing,  2020. 27957472. 

Rethink breast cancer  

Julie Larson, LCSW, www.julielarsonlcsw.com 

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